comme celle de « néoténie (généralisée) », cette notion sert à dépasser, mieux que ne l’avait fait Bergson, l’opposition entre mécanisme et vitalisme. En effet le mécanisme réduit le vivant à des processus physico-chimiques, tandis que le vitalisme rend inversement le vivant incompréhensible à partir du physique. Simondon, dans ILFI, arbitre le débat, et il est en ce sens un précurseur des pensées de l’« émergence » : il pense le physique et le vivant comme des types différents d’un même processus de polarisation : le cristal est polarisé, de même que l’affectivité du vivant animal, et entre les deux il y a la polarisation de la membrane cellulaire, où se marque la différence première entre le physique et le vivant. Dans le cristal en voie de formation, la limite en devenir est ce qui sépare le passé du futur, tandis que dans la cellule vivante la membrane sépare l’intérieur de l’extérieur puisque l’intérieur est contemporain de la membrane et non pas passé.