德勒兹:于是你们不能关上,其他人,要只有一扇的话……
Deleuze : Alors vous ne pouvez pas fermer, les autres, qu'il n'y en ait qu'une…
Deleuze: So, you cannot close it; the others, if there were but one…
是的,精神面对一个选择、一种替代,在何者之间?[停顿;听到几个学生彼此说话的声音]嗯,它将做一个选择,一种在[34:00]白与黑之间的替代。你们会对我说:但黑,从哪来?别走太快。无论如何,不会有任何战斗。一个要做的选择、一个赌注、一种替代、一个「要么,要么」。这不再是决斗与冲突的「反-表现主义」的「对抗」,而是「要么,要么」、「要么,要么」;要么要么,什么?是某种东西。但这就是抒情抽象的第三个命题。
Oui, l'esprit, il a affaire à un choix, une alternative, entre quoi ? [ Pause ; on entend quelques voix d'étudiants qui se parlent ] Eh ben, il va faire un choix, une alternative [34 :00] entre le blanc et le noir. Vous me direz : mais noir, d'où ça vient ? N'allons pas trop vite. En tout cas, il n'y aura pas un combat. Un choix à faire, un pari, une alternative, un « ou bien, ou bien ». Ce n'est plus le « contre expressionniste » du duel et du conflit, c'est le « ou bien, ou bien », ou bien ou bien ; ou bien ou bien, quoi ? C'est quelque chose. Mais voilà la troisième proposition de l'abstraction lyrique.
As a result, this notion of lyrical abstraction, well, would indeed be a consistent concept compared to expressionism in my common problem of light-shadow. And light-shadow, if I try — here, I have developed too much — henceforth if I try to give it a direction in accordance with my first direction which was movement-time, I would say when I take up the question of light-shadow relations, this time it will be centered no longer on movement-time, but — and this can be explained by itself — on time-intensity. Time-intensity. [ Pause ]
而在这一点上,我再次向你们发出召唤,试图让你们感受到哲学是什么。哲学,同时是概念的建构,但这些概念向你们伸出,如同一种[35:00]把手、一种柄:由你们来握住或是不握。如果你们接受概念是造物、是实体、是创造物这个想法,它们就向你们伸出,以何种意义?以这样的意义:它们对你们说,大致上,它们并不在乎——然而它们其实无所谓——「我适合你吗?」如果适合你的不是这一个,那就是另一个适合你。必要时,将由你来制造它。正是从这个意义上,我总对你们说,概念,是被签名的;它们是创造物。于是若干作者已经做了,请注意他们有一种特殊的consistance,因为乍看之下,这并不像在数学中那样环环相扣,抒情抽象的三个命题:光,第一个命题,光根本上与白相关;[36:00]第二个命题:阴影永远只是从前提中产生的后果;第三个命题:精神不在战斗状态中,而在替代、选择的状态中。
Et là encore je fais appel à vous pour essayer de vous faire sentir ce que c'est que la philosophie. La philosophie, c'est à la fois la construction de concepts, mais qui vous tendent comme une espèce [35 :00] d'anse, comme une espèce de poignée : à vous de la prendre ou de ne pas la prendre. Si vous acceptez l'idée que les concepts sont des créatures, des entités, des créations, ils se tendent vers vous, en quel sens ? En ce sens, qu'ils vous disent, en gros, ils n'y tiennent pas, pourtant eux ils s'en foutent : « Est-ce que je te conviens ? » Si ce n'est pas celui-là qui vous convient, c'est un autre qui vous convient. Au besoin, ce sera à vous de le fabriquer. Et c'est en ce sens que je vous ai toujours dit, les concepts, c'est signé ; c'est des créations. Voilà qu'un certain nombre d'auteurs ont fait, et remarquez ils ont une consistance particulière parce qu'à première vue, ça ne s'enchaîne pas comme dans les mathématiques, les trois propositions de l'abstraction lyrique : la lumière, une première proposition, la lumière étant en rapport fondamental avec le blanc ; [36 :00] deuxième proposition : l'ombre n'est jamais qu'une conséquence qui résulte de prémisses ; troisième proposition : l'esprit n'est pas dans un état de combat, mais dans un état d'alternative, de choix.
This is odd, and then these three propositions come together, form a consistent concept. If you tell yourself: “my God, my God”, an act of faith, “that’s just what I thought”, or if you tell yourself: “Why yes, that suits me, that’s how I see things”, very good, it is up to you to go farther in this direction. But you can tell yourself, if it is convenient for you, if it helps you: “Ah well yes”. Then you can show what you can do: are the people you like in art, for example, really those of lyrical abstraction, these men of white, of the alternative, of the shadow as a consequence?
这很奇怪,于是这三个命题聚合,形成一个一致的概念。如果你们对自己说:「天哪,天哪」,一种信仰行为,「这正是我所想的」,或者如果你们对自己说:「可是的,这个,它适合我,我就是这么看事物的」,很好,由你们朝这个方向走得更远。但你们可以对自己说,如果它方便你们、帮助你们:「啊,是这样的」。然后你们可以给出证明:你们在艺术中喜爱的那些人,例如,真的就是这些人吗,抒情抽象的那些,这些白的人、替代的人、将阴影作为后果的人?[37:00]
C'est curieux, et puis ces trois propositions s'agglomèrent, forment un concept consistant. Si vous vous dites : « mon Dieu, mon Dieu », acte de foi, « c'est justement ça que je pensais », ou si vous vous dites : « Mais oui, ça, ça me convient, c'est comme ça que je vois les choses », très bien, à vous d'aller plus loin dans cette direction. Mais vous pourrez vous dire, si ça vous est commode, si ça vous aide : « Ah ben oui ». Puis vous pourrez faire les preuves : est-ce que les gens que vous aimez dans l'art, par exemple, c'est vraiment ceux-là, de l'abstraction lyrique, ces hommes du blanc, de l'alternative, de l'ombre comme conséquence ? [37 :00]
So, there you have it, my first research direction therefore concerns, roughly, movement-time and operates a classification of signs and images. My second research direction concerns intensity and time and proposes to operate a confrontation expressionism and lyrical abstraction based on the problem of light. Finally, my third research [direction] — and there, I no longer even have to develop it – this would be time for itself, that is, what does the movement-time problem, and the time-intensity problem, allow us to conclude as to time for itself? [ Pause ]
于是我取一个例子——它对我说来十分骇人——我取一个关于电影、我刚刚略有开头的例子,因为电视重播了,重播了……重播了斯登堡的《蓝天使》。而这很奇怪,因为我们对自己说,可是这些人,他们不理性,真的,他们不诚实地谈论事物。斯登堡,显然,在电影中,他是所谓抒情抽象的最伟大代表之一。为什么?因为对他而言,只有一个问题:它——只有一个原初问题——是光与白的关系问题。这才是使他感兴趣的。而他那整套面纱系统等,就是光与白的关系。[关于斯登堡身上的这些关系,见1981-82电影研讨班第8、9、10次课]
Alors je prends un exemple — ça me paraît très effarant — je prends un exemple que j'avais juste un peu commencé à propos du cinéma parce qu'on a redonné, on a redonné… on a redonné “L'Ange bleu” de Sternberg, à la télé. Et c'est très curieux parce que, on se dit, mais les gens, ils ne sont pas raisonnables, quoi, ils ne parlent pas honnêtement des choses. Sternberg, c'est évident que Sternberg dans le cinéma, c'est un des très grands représentants de ce que j'appelle l'abstraction lyrique. Pourquoi ? Parce que pour lui, il n'y a qu'un problème : c'est, il n'y a un qu'un problème premier, c'est le problème du rapport de la lumière avec le blanc. C'est ça qui l'intéresse. Et tout son système de voilage, etc., c'est les rapports de la lumière avec le blanc. [ Sur ces rapports chez Sternberg, voir les séminaires 8, 9, et 10, du séminaire sur le cinéma de 1981-82 ]
What was this plane of immanence? Well, it was solely an infinite set of images in movement, that is, an infinite set of images that kept acting and reacting to each other, to each upon one another. [ Deleuze marks points on the board ] What are these images? What is that? Well, we could care less … An infinite set of any images whatsoever which are defined solely by this: they never cease to vary, to act and to react in relation to each other, and — here these are Bergsonian terms — “on all their facets and in all their parts”. [ Pause ] You will ask me, but what is it? Any image at all! What is an image? Let’s wait. For the moment, what we call “image”, henceforth, is everything that acts and reacts. Everything that acts and reacts to anything is image. Let's not try to find out why again; let's accept it. We have to let ourselves go. It was the startling beginning of Matter and Memory by Bergson. “We will call image everything that acts and reacts on all its facets and in all its parts”. [14]
而为什么这是个问题?[38:00]歌德在两边都立场。你们会找到——这正是我援引《色彩理论》的原因——你们会在《色彩理论》中找到一整块:光-幽暗的关系。然后你们会找到另一整块:光-白的关系。歌德以他自己的方式安排这一切。他是歌德。但不必惊讶于后来的两个对立潮流,表现主义与抒情抽象,竟都能同样诉诸歌德。只是,那不会是同一个歌德。不会是同一个歌德。[关于歌德身上的这些关系,尤其见1981-82电影研讨班第11次课]
Et pourquoi c'est un problème ? [38 :00] Goethe, il est des deux côtés. Vous trouverez — c'est pour ça que j'invoque La Théorie des couleurs — vous trouverez dans La Théorie des couleurs tout un pan qui est : les rapports lumière-ténèbres. Et puis vous trouverez tout un autre pan : les rapports lumière-blanc. Goethe arrange tout ça à sa manière à lui. Il est Goethe. Mais il ne faudra pas s'étonner que les deux courants opposés ensuite, l'expressionnisme et l'abstraction lyrique, puissent se réclamer également de Goethe. Simplement, ce ne sera pas le même Goethe. Ce ne sera pas le même Goethe. [ Sur ces rapports chez Goethe, voir surtout le séminaire 11 du séminaire sur le cinéma de 1981-82 ]
And why is this a problem? Goethe is on both sides. You will find — this is why I referred to The Theory of Colors — you will find in The Theory of Colors a whole part which is: the relationship between light and darkness. And then you will find a whole another part: the light-whiteness relationship. Goethe arranges all this in his own way. He is Goethe. But it should come as no surprise that next, the next two opposing currents, expressionism and lyrical abstraction, can also claim to be from Goethe. It just won’t be the same Goethe. It won’t be the same Goethe. [12]
我说,使斯登堡感兴趣的——绝不是斯登堡忽视阴影;相反,他制作出美妙的阴影——但在他那里,阴影始终具有后果的地位。使他感兴趣的,是光-白的关系。为什么?而他在何处是歌德式的?因为对他而言,真正的[39:00]不透明,不是幽暗。没有幽暗。对他而言,没有幽暗。对一个抒情抽象者,没有幽暗。幽暗,仅仅是当光停止之时。这不是一个原则。当光停止,便有幽暗,可以,毫无趣味。真正的不透明——不是与光对立的,而是光以某种方式所设定的——是白。歌德绝妙的说法:「白,是纯粹透明偶然变暗的光辉」。白,是第一种不透明。白,是偶然变暗的光辉——这真是一个漂亮的说法——它是抒情抽象的公式。白,是纯粹透明、亦即纯粹发光者偶然变暗的光辉。[40:00]它是光所设定的不透明。于是阴影作为后果从中产生,可以。
Je dis, ce qui intéresserait Sternberg – ce n'est pas du tout que Sternberg ignore les ombres ; au contraire, il fait des ombres magnifiques — mais chez lui, l'ombre, elle a toujours le statut de conséquence. Ce qui l'intéresse, c'est le rapport lumière-blancheur. Pourquoi ? Et en quoi il est goethéen ? Parce que la véritable [39 :00] opacité pour lui, ce n'est pas les ténèbres. Il n'y a pas de ténèbres. Pour lui, il n'y a pas de ténèbres. Pour un abstrait lyrique, il n'y a pas de ténèbres. Les ténèbres, c'est uniquement quand la lumière s'arrête. Ce n'est pas un principe. Quand la lumière s'arrête, il y a les ténèbres, d'accord, aucun intérêt. La véritable opacité, non pas qui s'oppose à la lumière, mais que la lumière se pose en quelque sorte, c'est la blancheur. Splendide formule de Goethe : « Le blanc, c'est l'éclat fortuitement obscur du transparent pur ». Le blanc, c'est la première opacité. Le blanc, c'est l'éclat fortuitement obscur – ça, c'est vraiment une belle formule — c'est la formule de l'abstraction lyrique. Le blanc, c'est l'éclat fortuitement obscur du transparent pur, c'est-à-dire du pur lumineux. [40 :00] C'est l'opacité que la lumière pose. Alors l'ombre en résultera comme conséquence, d'accord.