对戈达尔和米埃维尔的录像作品《6x2,沟通过度与沟通不足》(Six fois deux, sur et sous la communication,1976)的观后感

– Les Cahiers du Cinéma vous demandent une interview, parce que vous êtes « philosophe » et que nous voudrions un texte en ce sens, mais surtout parce que vous aimez et admirez ce que fait Godard. Que pensez-vous de ses émissions récentes à la T.V. ?

Parce que, vous le savez mieux que moi, il a toujours été seul. Il n’y a jamais eu de succès-Godard au cinéma, comme voudraient le faire croire ceux qui disent : « Il a changé, à partir de tel moment, ça ne va plus. » Ce sont souvent les mêmes qui le haïssaient depuis le début. Godard a devancé et marqué tout le monde, mais pas par des voies qui auraient été celles du succès, plutôt en continuant sa ligne à lui, une ligne de fuite active, ligne tout le temps brisée, en zigzag, en souterrain. Reste que, pour le cinéma, on avait plus ou moins réussi à l’enfermer dans sa solitude. On l’avait localisé. Et voilà qu’il profite des vacances, d’un vague appel à la créativité, pour occuper la T.V. six fois deux émissions. C’est peut-être le seul cas de quelqu’un qui ne s’est pas fait avoir par la T.V. D’habitude, on a perdu d’avance. On lui aurait pardonné de placer son cinéma, mais pas de faire cette série qui change tant de choses à l’intérieur de ce qui touche le plus à la T.V. (interroger des gens, les faire parler, montrer des images venues d’ailleurs, etc.). Même s’il n’en est plus question, même si c’est étouffé. C’est forcé que beaucoup de groupes et d’associations se soient indignés : le communiqué de l’Association des journalistes reporters-photographes et cinéastes est exemplaire. Godard a au moins ravivé la haine. Mais il a montré aussi qu’un autre « peuplement » de la T.V. était possible.

– Vous n’avez pas répondu à notre question. Si vous aviez à faire un « cours » sur ces émissions... Quelles idées avez-vous perçues, ou senties ? Comment feriez-vous pour expliquer votre enthousiasme ? On pourra toujours parler du reste ensuite, même si ce reste est le plus important.

– Si c’est là les deux idées de Godard, est-ce qu’elles coïncident avec le thème constamment développé dans les émissions, « images et sons » ? La leçon de choses, les images, renverraient aux travaux, la leçon de mots, les sons renverraient aux informations ?